Le retour du fait maison : le résumé

C’était il y a dix jours !

Un grand merci à tous nos invités et participants, on espère que tout le monde a passé un bon moment en notre compagnie, et a apprécié son petit morceau de pain perdu 😉

Pour notre part, nous avons trouvé le débat et les enjeux soulevés super intéressants. Et c’est d’ailleurs pour cela que nous vous avons écrit un petit article résumé, afin que tous les absents puissent quand même se renseigner sur la question.

En attendant, on vous dit à très bientôt pour un nouvel événement. Et on vous promet de belles choses à venir pour 2017 !

Retour au jeudi 2 février, 20h, aux Grands Voisins.

Avec nos invités Romain et Alexandre de Quartiers Frais, et Delphine de La Ruche qui Dit Oui, le débat promettait d’être intéressant et détendu.

Premier tour de table, pour se présenter :

Delphine : La Ruche, c’est une structure comme une AMAP qui distribue des produits fermiers directement issus des producteurs, situés obligatoirement à moins de 250km.
L’avantage, c’est que les Ruches peuvent se situer n’importe où, tant qu’on a un toit et de l’électricité. Tout le monde peut s’inscrire à la Ruche près de chez lui. C’est gratuit, et chacun commande sur le site les produits qu’ils souhaitent, sans minimum d’achat. Il vient ensuite les récupérer au point de rendez-vous chaque semaine. L’un des autres avantages, c’est que chaque responsable de ruche peut développer son projet, et offrir des tremplins à beaucoup d’autres actions. Une ruche, c’est un lieu de rencontre où l’on teste, et chaque responsable fait ce qu’il veut. Le champ des possibles est très large !

 

Romain et Alexandre : Nous sommes un projet très jeune, pas plus d’un an !

Quartiers Frais met à disposition dans les entreprises des distributeurs automatiques de repas frais, cuisinés maison.

Notre problématique est la suivante : comment favoriser sur les lieux de travail un accès rapide à de la nourriture saine, fraîche et responsable ? Le sain et frais passent par la préparation de produits frais, cuisinés tous les 48h, et le responsable passe par la réduction du gaspillage.

En effet, au lieu de proposer un emballage en plastique, on préfère utiliser des bocaux en verre, en mettant à disposition à côté de la machine des sauces et des vrais couverts, et l’on récupère le tout en fin de journée pour les laver. Les gens se sentent assez impliqués et rapportent les bocaux dans 95% des cas, ce qui est une très bonne chose !

 

Un petit retour sur le parcours de chacun :

Romain et Alexandre : Nous étions dans la même école de commerce. On a tout les deux eu envie d’entreprendre pour appliquer nos idées. Très vite on s’est trouvés, on a fait notre master entrepreneuriat ensemble et on s’est lancé après nos stages respectifs à l’étranger.

 

Delphine : J’avais avant une coopérative de commerce équitable en Afrique avec une ONG africaine. Pour des raisons personnelles j’ai dû stopper ce projet, j’ai même arrêter de travailler. En tant que consommatrice responsable j’ai voulu rejoindre une AMAP mais ils n’avaient plus de place. Je suis alors tombé sur La Ruche qui dit Oui, qui, il y a cinq ans, n’était juste qu’un début de concept, sans aucune Ruche encore ouverte. Cela tombait bien car je voulais me remettre au boulot, j’en ai donc créer une ! Six mois plus tard, je rencontrais le fondateur de LRQDO et intégrais l’équipe. J’ai donc la double casquette, à la fois responsable de ma Ruche, et également chargée du développement des Ruches au sein du grand Paris.

Ce n’est pas un système de franchise, l’entreprise offre un service internet aux producteurs, sur lequel ils peuvent inscrire leur catalogue et avoir accès à toutes les Ruches qu’ils souhaitent.

Le responsable de Ruche s’occupe d’apporter un local et de gérer la communauté de membres. Le producteurs paye le service et reverse une commission sur les ventes. Chaque responsable à son statut, soit entrepreneur soit associatif. Il y a une charte à respecter, on fait partie d’un réseau, mais chacun est indépendant.

 

Ainsi que sur l’origine du projet :

Romain et Alexandre : À la base, nous ne sommes pas des grands amoureux de la food, enfin on aime bien cuisiner tous les deux, mais c’est d’abord la passion pour l’entrepreneuriat qui nous a réuni.

C’est lorsque nous étions en cours, et que nous fabriquions nous-mêmes nos repas du midi, que nous nous sommes rendu compte que c’était loin d’être le cas pour tous les étudiants. La seule option disponible lorsque l’on avait qu’une demi-heure pour manger, c’était soit le Casino soit Franprix du coin. Impossible donc d’avoir un repas frais !  Lorsque l’on réfléchissait à notre projet, on souhaitait rapprocher le consommateur de la ville avec les bons produits des alentours. C’est aussi le postulat de la Ruche qui dit Oui d’ailleurs ! On a simplement eu envie de partir d’un principe qui existait déjà en pensant que la plus-value serait de servir ces produits directement au consommateur de la manière la plus simple possible.

Et le principe le plus rapide de restauration, ce sont les distributeurs automatiques.

Ce type de solution est très mal vu car souvent associé au pas bon et pas frais. C’était d’abord un challenge car il fallait changer cette aura négative autour des distributeurs automatiques.

 

Delphine : En premier lieu, Guilhem l’un des fondateurs, avait beaucoup travaillé avec des publics en difficulté. En passionné de nourriture, il souhaitait pouvoir apporter à ses populations un accès simple à des bons produits. Il a trouvé deux associés et monté le projet en 2010. Il y a cinq ans nous étions sept, maintenant nous sommes 130 ! Personne n’y croyait. Le nombre de Ruche a explosé, c’était vraiment le bon moment.

C’est un projet fait avec beaucoup de coeur, très authentique, très humain, c’est cela qui a vraiment plu.

Le projet était aussi très innovant grâce à la plateforme internet qu’il offrait, ça a beaucoup joué.

 

Les difficultés rencontrées :

Romain et Alexandre : On s’est très vite rendu compte pourquoi d’autres acteurs de la restauration ne s’étaient jamais lancés dans la distribution automatique, c’est parce que la logistique du frais est dingue ! Économiquement, ce n’est pas très viable, du coup, alors on travaille maintenant sur deux types d’offres différentes. En premier, une offre de snacking et boissons, responsables, healthy et éthique. En deuxième, on travaille sur l’amélioration de l’offre de frais, en travaillant sur la prolongation de vie du produit en le plaçant dans des bocaux sous vides, ce qui permet de le conserver deux à trois jours supplémentaires.

 

Delphine : Ayant été pionnière dans l’ouverture de ma Ruche, j’ai d’abord chercher à démarcher des producteurs d’Île de France, mais aucun n’a voulu se lancer. Du coup je suis aller en Picardie, où les picards  étaient très contents d’avoir des débouchés sur Paris, c’était une vraie aubaine pour eux ! Après, les franciliens s’y sont mis aussi, ils représentent maintenant plus de deux tiers des producteurs.

 

Et par rapport au fait maison ?

Romain et Alexandre : Là est tout notre problème ! À la base, nous souhaitions vraiment pouvoir cuisiner en interne pour pouvoir réduire les coût et avoir une totale liberté sur le choix de nos produits. On nous a rapidement fait remarquer que nous n’étions pas cuisiniers et qu’on ne serait pas capable de tout faire à la fois. On attend d’avoir assez d’offres différentes pour pouvoir internaliser notre production.

Pour l’instant, c’est donc un traiteur qui nous cuisine nos plats, en suivant nos recettes.

C’est parfois compliqué d’avoir une cohérence totale entre notre concept et leurs matières premières. En plus, les normes imposées pour pouvoir proposer des produits sous vides sont tout simplement énormes ! Il faut faire tester la durée de vie de chaque recette, et ce test coûte 554€ à chaque fois. Alors pour l’instant, on y va doucement.

 

Delphine : Il est vrai que pour les producteurs, il est très compliqué de proposer des produits autres que des produits frais (soupes, confitures…) car les normes sanitaires sont extrêmement chers et compliqués.

Quand on passe d’une petite entreprise un peu DIY à un modèle économique viable et développable, les normes peuvent être un vrai frein.

 

Romain et Alexandre : par rapport au fait maison, il s’agit maintenant d’un terme un peu fourre-tout car il est compliqué d’en définir les contours précis. Mais ce qui fait que notre offre est maintenant viable et que l’on reçoit des demandes, c’est que les gens on de plus en plus de méfiance vis-à-vis de la grande distribution. Nos produits ne sont pas faits dans notre cuisine même, mais ils sont fait artisanalement par un cuisinier sans additifs. C’est cela qui compte !

Encore merci à Romain, Alexandre et Delphine, ainsi qu’aux Grands Voisins !

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